APRES 3 MOIS DE GREVE: 700 TRAVAILLEURS SANS-PAPIERS REGULARISES… Et vous ? Que faites-vous ?
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DROITS DEVANT!!
15 Juillet 2008APRES 3 MOIS DE GREVE: 700 TRAVAILLEURS SANS-PAPIERS REGULARISES,
LE MOUVEMENT S’ELARGIT
Démarré le 15 avril dernier, le mouvement de grève de centaines de
travailleurs sans-papiers en Ile-de-France a déjà obligé le gouvernement à
accorder environ 700 régularisations.
Aucun de ces 700 travailleurs n’aurait pu être régularisé il y a encore 3
mois, car le cadre des régularisations “vie privée et familiale” a été
considérablement restreint par les dernières modifications législatives.
Conscient que ce mouvement représente une menace sérieuse pour sa
politique, le gouvernement cherche à le freiner, notamment en instaurant
des critères de régularisation arbitraires. Certaines préfectures exigent
maintenant une ancienneté de présence de 5 années sur le territoire
français, ce qui n’a pourtant aucun sens dans le cadre d’une régularisation
par le travail. Une ancienneté dans l’entreprise est parfois exigée; là
encore, on comprend mal qu’un travailleur nouvellement arrivé dans
l’entreprise mais ayant une solide expérience ailleurs se voie refuser sa
régularisation pour ce motif. Quelques obligations de quitter le territoire
français (OQTF) ont déjà été délivrés à l’encontre de grévistes qui ne
remplissaient pas ces conditions.
Nous refusons ces critères arbitraires qui excluent certain(e)s
travailleur(se)s sans-papiers du champ de la régularisation. Nous exigeons
la régularisation globale de tou(te)s les travailleur(se)s sans-papiers,
seul moyen d’éradiquer définitivement cet esclavagisme moderne que
constitue l’exploitation des travailleurs sans-papiers.
Ainsi, outre les travailleurs en grève, la régularisation doit aussi
concerner:
* les travailleurs isolés, qui ne peuvent pas utiliser l’arme collective de
la grève
* les femmes sans-papiers, travaillant pour beaucoup dans les services à la
personne, et que les préfectures refusent de régulariser au prétexte
qu’elles sont souvent à temps partiel
* les travailleurs intérimaires, véritables variables d’ajustement de
l’économie, que le gouvernement refuse pour le moment de régulariser, au
motif que leur situation professionnelle est instable
* les travailleurs algériens, exclus arbitrairement du processus de
régularisation, car utilisés par le gouvernement français pour faire
pression sur le gouvernement algérien et le forcer à signer un accord
d’immigration choisie
Au bout de 3 mois de lutte, le mouvement pour la régularisation des
travailleur(se)s sans-papiers continue de s’étendre, et touche maintenant
la province, avec notamment le dépôt collectif de 200 dossiers de
travailleurs sans-papiers à Nice.
Ce mouvement ne peut s’inscrire dans la durée que s’il implique le plus
grand nombre possible d’organisations, et c’est pourquoi Droits devant!! a
oeuvré depuis le début à son élargissement. Nous nous réjouissons donc que
de nouveaux acteurs s’y inscrivent aujourd’hui activement, qu’il s’agisse
de syndicats (Sud-Solidaires, CNT) ou d’associations (Collectif pour la
Dignité des Travailleurs Sans-Papiers, MRAP, LDH, …)
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